On appelle peinture de genre ou scène de genre un type d'œuvre pictural qui figure des scènes contemporaines et prises sur le vif.
Son classement dans la hiérarchie des genres est assez bas, mais elle a été portée à un point de perfection au XVIIe siècle par Caravage et ses suiveurs. C'est également un genre très apprécié dans les pays du Nord.
Avant la Renaissance
Dès l'Antiquité, on peut parfois considérer qu'il existe de la peinture de genre, même si elle est connotée religieusement. Certains historiens d'art considèrent ainsi les peintures égyptiennes représentant les travaux des champs, les banquets, etc. comme de la peinture de genre.
De même, dans les vases grecs ou étrusques, on peut trouver parfois des scènes de marché ou de chasse qui s'apparentent à des scènes de genre, tout comme certaines mosaïques et peintures romaines.
Avec le Moyen Âge, qui produit essentiellement un art à vocation religieuse, la scène de genre disparaît, et ne fait son retour que timidement dans certaines fresques du trecento, comme dans les Allégories du bon et du mauvais gouvernement par Lorenzetti, mais elles restent attachées à un sujet moral ou religieux.
C'est avec Van Eyck et les primitifs flamands que la scène de genre semble réellement renaître. Les Époux Arnolfini, au delà du portrait, présente des personnages dans un intérieur bourgeois, détaché du monde religieux, et peut être considéré comme la première scène de genre. D'autres compositions de Van Eyck, aujourd'hui perdues, comme une Dame à sa toilette confirment cette interprétation.
Il est intéressant d'ailleurs de constater que c'est dans les Flandres que débute réellement cette pratique, puisque ce sont surtout les écoles du nord qui mettront ensuite ce genre à l'honneur.
La Renaissance
Avec le retrait progressif de la religion des arts, la scène de genre commence à se développer à la renaissance, en particulier dans les Flandres. Le Peseur d'or et sa femme de Quentin Matsys en est un exemple parfait, même si comme la plupart du temps, il doit se lire de manière symbolique.
Jérôme Bosch et Bruegel l'Ancien n'hésiteront pas à exploiter les scènes de genre, pour illustrer des proverbes et des histoires (aujourd'hui souvent perdus) qui donnent une nuance « laïque » à l'œuvre religieuse.
En Italie comme en France, ce thème est beaucoup moins bien perçu, malgré des femmes au bain fréquentes dans l'école de Fontainebleau, mais qui se rattachent le plus souvent à la peinture mythologique ou à la peinture d'histoire, plus qu'à la scène de genre proprement dite.
XIXe siècle
Au XIXe siècle l'expression peinture de genre remplace par abréviation les expressions peinture de genre vulgaire, de genre bas, de genre mineur qui désignaient des œuvres représentant des scènes de la vie quotidienne ou intime, par opposition aux peintures de genre historique. Des scènes tirées de la Bible pouvaient être prises pour des scènes de genre par ignorance du sujet. On appelait bambochades les peintures de genre vulgaire montrant des paysans ou des scènes d'auberge.
Dans la peinture classique, la hiérarchie des genres était la suivante : "L'histoire, le portrait, le paysage, les mers, les fleurs, les fruits".
Cette hiérarchie des genres avait été codifiée en 1667 par André Félibien dans une préface des Conférences de l'Académie (attention, l'orthographe est d'époque !) :
« Celui qui fait parfaitement des païsages est au-dessus d'un autre qui ne fait que des fruits, des fleurs ou des coquilles. Celui qui peint des animaux vivans est plus estimable que ceux qui ne représentent que des choses mortes & sans mouvement ; & comme la figure de l'homme est le plus parfait ouvrage de Dieu sur la Terre, il est certain aussi que celui qui se rend l'imitateur de Dieu en peignant des figures humaines, est beaucoup plus excellent que tous les autres ... un Peintre qui ne fait que des portraits, n'a pas encore cette haute perfection de l'Art, & ne peut prétendre à l'honneur que reçoivent les plus sçavans. Il faut pour cela passer d'une seule figure à la représentation de plusieurs ensemble ; il faut traiter l'histoire & la fable ; il faut représenter de grandes actions comme les historiens, ou des sujets agréables comme les Poëtes ; & montant encore plus haut, il faut par des compositions allégoriques, sçavoir couvrir sous le voile de la fable les vertus des grands hommes, & les mystères les plus relevez. »
Ainsi si on se base sur ce texte de Félibien, la hiérarchie des genres était la suivante, du moins noble au plus noble :
- Marine
- Nature morte de fruits, de fleurs ou de coquillages
- Nature morte de gibiers, poissons et autres animaux
- Paysage
- Peinture animalière
- Scène de genre
- Portrait
- Peinture d'histoire
- Peinture allégorique
Cette hiérarchie n'avait vraiment de sens que pour l'Académie de l'Ancien Régime. Les genres étaient classés en fonction de leurs difficultés. Ainsi, la peinture d'histoire était considérée comme étant le genre le plus difficile car demandant aux peintres le plus de compétences (composition, paysage, nature morte, anatomie, portrait...).
La peinture d'histoire contient, a priori, tous les autres genres qui lui sont subordonnés. Aussi, au XIXe siècle, le public prêtera de moins en moins attention à ces normes et ce seront, par exemple, les artistes romantiques qui seront les premiers à se revendiquer réellement paysagiste.