Chez Marie-Pierre
Il y a un phénix qui veille, avec amour, sur la maisonnée, Il y a une chatte qui s’étire voluptueusement au soleil, Il y a un poêle à bois qui ronronne doucement et irradie d’une douce chaleur, c’est son cœur, Il y a de vieux grimoires, pêle-mêle, qui semblent animés d’une vie propre, Il y a, dans un désordre charmant, toute une vie d’enfant, Il y a des ailes de plumes blanches, accrochées à la patère, comme si l’ange, en visite, y avait laissé son manteau, Il y a une table ovale, en verre, inondée de soleil, devant une fenêtre, Il y a une clé dorée pendue au crochet, elle ne sert jamais, il n’y a rien de fermé, Il y a une fontaine, où je crois avoir vu, de minuscules fées se baigner, Il y a d’immenses fauteuils où se confier, ou simplement se reposer… Il y a un cerisier du Japon qui embaume et illumine, Il y a une douce mélodie sur une guitare qui apaise, Il y a, là-bas, la fleuriste et sa famille qui apporte, du monde, toutes les couleurs, Il y a le kiosque oriental où Bouddha médite, Il y a ce jardin d’enfant ou la vie bat son plein, Il y a la statue, immobile, faite d’hier, d’aujourd’hui et de demain, Il y a le chien qui joue en surveillant les enfants, Il y a ce banc, près du rocher, qui semble attendre un invité, Il y a le mari de la fleuriste, qui vient de la surprendre d’un baiser volé, Il y a le soleil qui semble sourire dans le bleu immaculé du ciel.
Une ombre malveillante menace ce bonheur paisible, la chatte est aux aguets, le phénix s’envole vers le ciel… Et sans hésiter, se jette furieusement vers le trou noir menaçant, fait de toutes les mauvaises intentions des méchants.
Il sacrifie sa vie, pour préserver l’harmonie.
Et puis ce souvenir, éclaté dans l’espace, dont il ne reste que des cendres…
Et dans mes mains, soudain, le phénix renaît à la vie et tourne son regard plein d’amour vers moi.
Me voit-il princesse, fée ou simple femme ?
Ou ne voit-il que son simple reflet ?