Peintre autrichien né en 1883, mort en 1908.
L'un des peintres les plus prometteurs de sa génération.
Sa peinture est tourmentée et visionnaire.
Il refusera d'être exposé de son vivant
et ne sera découvert qu'en 1931, 23 ans après son suicide.
Sa peinture est formellement nourrie par les tableaux de Vincent Van
Gogh et Edvard Munch comme en témoigne son Autoportrait
riant, tableau tragique réalisé quelques jours avant
sa mort qui laisse transparaître l'expression d'un désespoir
savamment mis en scène.
Le rire sardonique déchirant le visage affublé
d'un masque de folie tranche avec la révélation du sentiment
intime et du désarroi que l'on ressent face à ce tableau.
Il fera deux portraits de Mme Schönberg dont il est devenu l'amant
avant de se suicider pour elle en 1908.
Il atteint dans L'autoportrait riant (1908) une
forme paroxysmique de l'intensité expressionniste. La peinture
de Gerstl est en porte-à-faux, tiraillée entre l'introspection
et la mascarade. Brutale, comme travaillée à bras-le-corps,
la matière picturale dissout parfois le sujet jusqu'à
l'informe. Un art en marge, comme son concepteur, isolé du
monde des peintres.